Je m’appelle Sandrine.
34 ans. Ingénieure. Un CDI dans une grande boîte à Toulouse.
Deux enfants : 5 ans et 20 mois.
Aujourd’hui, je vais bien. Mais il y a deux ans, je pleurais tous les jours en rentrant du travail.
Ce blog n’est pas un énième espace bien-être. C’est ma bouée.
Et peut-être la tienne.
Adolescente : déjà perdue dans le brouillard
Toute mon enfance et mon adolescence, à La Réunion, j’étais l’invisible. J’ai connu le harcèlement, le jugement, le rejet. Pas seulement dans la cour de récré, mais aussi dans ma famille. Entourée de murs, je ne savais pas qui j’étais, encore moins ce que je voulais.
Autour de moi, le monde hurlait :
- “Fais des études !”
- “Tu finiras à la rue de toute façon.”
- “Je ne veux pas être vue près d’elle, elle me fait honte.”
Alors, pour tenter de m’intégrer, j’ai appris à jouer un rôle. Cachée derrière mon masque, j’ai commencé à construire une vie qui, je le croyais, me rendait heureuse. J’ai rencontré quelqu’un et je l’ai suivi en Métropole, dans une fac de médecine. Après tout, c’est ce dont rêvait mes parents : avoir un médecin dans la famille…
Ce fut un échec complet. Seule, je me suis alors lancée dans des études de mathématiques. J’ai vite abandonné. Puis j’ai passé des concours pour intégrer une école d’infirmière. Ma première réussite depuis mon arrivée sur le continent.
Ma fuite vers l’absence de sensibilité
Les stages d’infirmiers m’ont fait du bien, parfois.
Ce regard dans les yeux de mes patients quand ils me remerciaient de prendre soin d’eux.
Cette petite vieille qui m’attendait chaque jour avec le sourire, prête à discuter et à me raconter sa jeunesse.
C’était des moments enrichissants et merveilleux.
Mais il y a toujours des obstacles. La maltraitance des équipes soignantes, trop souvent. Et la douleur, le désespoir, la mort.
Je me suis dirigée droit vers la dépression et un sentiment d’impuissance, toujours présent aujourd’hui, a hanté mes nuits durant de longs mois.
Une seule solution s’est imposée à moi : la reconversion.
J’ai intégré un BTS d’informatique en alternance. Mes résultats m’ont permis de poursuivre en école d’ingénieur, toujours accompagnée par la même entreprise.
2019 : diplôme, CDI. J’ai enfin “réussi”.
Mais à quel prix ?
Du rêve au cauchemar
Ma première équipe était on ne peut plus toxique. Harcèlement, insultes, provocations. Je n’aurai jamais pensé pouvoir trouver pire que ce que j’avais déjà vu.
Puis, un nouveau manager s’est présenté. Un ange gardien. Il a changé les choses, apaisé les tensions et peu à peu, tout est devenu beau, attractif.
Comment expliquer alors que, fin 2023, une de mes collègues parte en arrêt maladie pour burn-out ?
Nous ne l’avons jamais revue…
Début 2024 fut le moment de mon départ en congé maternité. Et à ce moment-là, le vide s’est progressivement installé.
Congé mat’ : la descente aux enfers
Toutes mes nuits étaient à nouveau ponctuées de cauchemars. J’y voyais des réunions, des deadlines, des reproches, ou parfois, simplement des horloges qui tournaient indéfiniment pendant que mes yeux fixaient un écran d’ordinateur.
J’ai pleuré dans mon canapé. J’ai pleuré en allaitant. J’ai pleuré encore plus chaque fois que ma date de reprise avançait. Et je réalisais :
Mon métier n’a aucun sens.
Je travaille pour des gens et des projets que je ne verrai jamais.
Je ne suis qu’un pion, sacrifiable et inutile.
J’ai revu certains de mes collègues et, face à mon désarroi, les langues se sont déliées. On découvrait ensemble la manipulation, les jeux de pouvoirs, les pervers narcissiques en costard.
Lorsque j’ai dû reprendre le travail, je pleurais de plus belle. Des idées noires ont envahi ma tête. Je me cachais dans les toilettes pour verser ce trop plein de souffrance qui m’étouffait jour après jour. Je souriais en réunion. Puis je m’effondrais dans ma voiture.

Ecrire pour ne pas couler
Un matin, j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai écrit. D’abord une phrase. Puis une page. Puis un chapitre. Quelques mois plus tard, mon roman est né.
Fiction ? Oui. Mais chaque chapitre hurlait mon mal-être.
J’ai quand même fini par toucher le fond, abandonné par ceux qui prétendaient nous protéger.
Un dernier choix s’est imposé à moi : mourir et laisser le mal gagner ou me relever, combattre d’une façon différente et rester digne.
Alors, j’ai fini par rebondir. J’ai décidé que le travail n’était qu’un moyen de vivre. Et que mon énergie ne devait servir qu’au bien-être de ma famille, à ma santé et pourquoi pas, à la création.
J’ai acheté :
- des carnets,
- du matériel de dessin,
- des pinceaux et de la peinture,
- une machine à coudre,
- des planches de bois.
Et j’ai dessiné. J’ai peint. J’ai cousu. J’ai bricolé. Et surtout, j’ai respiré.

Pourquoi ce blog ?
Si toi aussi, tu te sens :
- Perdu dans un job qui ne te ressemble pas,
- Ingénieur, actif mais vide,
- Coupable de ne pas avoir “réussi” comme on te l’a vendu toute ta vie,
alors, tu es peut-être au bon endroit.
Je ne vais pas te dire de méditer 10 minutes par jour.
Je vais te dire :
Prends un crayon, une aiguille, un marteau.
Crée. Respire. Reprends ta vie.
Cesse de survivre et vis.
Ici, tu trouveras…
- Mes ratés (un dessin moche, des rideaux trop petits, une rambarde fixée de travers)
- Mes outils (une thérapie, du matériel premier prix et des pensées de plus en plus positives)
- Des extraits de mes livres en cours d’écriture ou de correction
- Des défis (pour respirer, pas pour performer)
- Des vérités (sur le travail, la société, la liberté)
Tu n’es pas seul.e
Si tu lis ça et que tu pleures dans ta voiture, sous ta douche, en cachette…
Ce blog est pour toi.
Si tu es ingénieur mais que tu rêves de tout lâcher pour écrire, coudre ou dessiner le soir…
Ce blog est pour toi.
Si tu as la trentaine, un CDI, et l’impression d’être un imposteur…
Ce blog est pour toi.
J’espère qu’il t’apportera du réconfort mais surtout des billes pour prendre une réelle inspiration et te libérer enfin du fardeau qui pèse sur nos épaules dès notre plus jeune âge.
