Je crois que c’est la première fois que j’écris sur… l’écriture elle-même. Sur ce qu’elle me procure, au plus profond de moi. Je passe des heures à noircir des pages, à tisser des phrases, à tenter de décrire l’indescriptible ou à capturer chaque secret caché derrière ma réalité et pourtant, je ne me suis jamais vraiment arrêter pour me demander ce que cela m’apportait…
L’écriture, c’est ma meilleure amie depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Une confidente, une bouée pendant les tempêtes, un miroir… Après des années à la garder comme un refuge secret, je crois qu’il est enfin temps pour moi de la développer davantage et de m’ouvrir à un autre monde : quitter l’univers impitoyable où il faut écraser pour exister, piétiner les autres pour se faire une place, et rejoindre ceux qui vivent en aidant leur prochain.
L’écriture, c’est ma porte vers ça. Un cathartique qui libère, qui connecte, qui guérit.

Les raisons qui m’ont poussée à écrire
Mais pourquoi j’écris depuis toujours ? La question me taraude parfois. Et lorsque je creuse, les réponses remontent des tréfonds, chargées de silence et de souffrance.
Mon enfance a été un labyrinthe de complications, un puzzle où les pièces ne se sont jamais réellement emboîtées. J’ai été rejetée, incomprise et jamais vraiment acceptée. Les mots ont souvent été violents : « ils disent tous qu’elle est ratée », « elle finira à la rue ».
J’étais l’enfant différente. Je ne rentrais pas dans le moule. Et j’ai pleuré en silence pendant des années face à des tantes et oncles qui n’ont jamais eu un geste de bienveillance envers moi. Au début, je pensais que je pleurais pour rien. J’ai cru que j’étais l’erreur, le problème. Je me suis renfermée peu à peu sur moi-même. Et lorsque mon cousin m’a agressé et violé, je n’ai rien dit… Je me suis cachée, défendue comme je le pouvais et j’ai gardé cette plaie ouverte pendant des années, persuadée que « j’en faisais trop ».
Comme la réalité faisait mal, je me suis réfugiée dans mon imaginaire. C’était un royaume secret où les règles étaient les miennes et les fins heureuses. Un lieu où j’étais aimée pour ce que j’étais et où j’avançais dans l’amour et le soutien. L’écriture était la clé de ce royaume. Alors, dès que j’ai su le faire, j’ai rempli des cahiers de gribouillis. C’était ma façon de hurler sans un bruit, de dire « je suis là » sans être repoussée.
L’évolution de mon écriture
Aves les années, l’écriture est devenu mon outil de survie. J’ai traversé des dépressions graves, des abysses où le monde rétrécit à une chambre étouffante. L’écriture m’a sortie du gouffre. Elle capturait la noirceur et la transformait en quelque chose de tangible, de nommable.
D’abord, c’était une « méchante dame » dont le visage m’était toujours cachée. Elle me voulait du mal. Elle m’emprisonnait, me bâillonnait, me laisser seule jusqu’au jour où je me relevais et me battais (souvent à l’image d’une Lara Croft d’ailleurs). Puis, c’est devenu des gens de mon entourage. Cette fille qui me harcelait et m’insultait à l’école. Ou celle qui m’avait humiliée car j’étais « pas assez bien habillée ». Ce garçon qui me rejetait et me traitait de « moche ». Ce frère qui hurlait à tous que j’étais une ratée. Ces hommes qui me prenaient pour un morceau de viande. Et j’en passe…
J’ai écrit des poèmes, des nouvelles, des pages et des pages retraçant mon histoire, mes sentiments, ma solitude. Les mots ont pris ma douleur en otage et la faisaient défiler sous mes yeux, trop souvent humides. Sans m’en rendre compte, je me vidais du poison que je remplaçais par de l’espace. Cet espace devenait un espoir. Cet espoir était une lueur.
Récemment, avec le burn-out qui m’a plaqué contre le sol, l’écriture a fait le même miracle. Elle a fissuré le mur invisible qui me volait mon énergie, mon sens, mon sourire. Pas d’un coup, non. C’était lent, comme une douce érosion. C’était des « états d’âme », des « analyses », des exutoires. Ecrire m’a permis de regarder le vide en face et de le transformer en histoire. Et un matin, un projet de roman a germé et un site est naît pour partager. Certains l’appellent l’écriture thérapeutique, mais pour moi, c’est bien plus que ça. C’est une renaissance.
Les bienfaits de l’écriture dans mon quotidien
Ce que l’écriture m’apporte ? Une liberté brute. Pas de règle, pas de jury. Juste moi et ma feuille (ou mon écran). Elle me permet de faire le tri : colère, joie, doutes, tout y passe, et ce qui en ressort est plus clair, plus vrai. C’est cathartique, oui. C’est apaisant et ça allège mon âme, ma conscience, mon esprit. Mais c’est aussi créatif, expansif.
Quand j’écris, je voyage. Dans mes souvenirs d’enfance volés, dans des mondes imaginaires où les rejets deviennent des quêtes héroïques. Elle me reconnecte à moi, à cette petite fille qui rêvait malgré tout, et elle m’ouvre aux autres. Une fois posés, les mots ne m’appartiennent plus. Ils flottent. Ils se partagent.
Est-ce que je rêve plus grand ? Oui, oui et encore oui ! Et tant pis si ça fait rire !
Je rêve de vivre pleinement de mon écriture ! Pas comme une star des best-sellers mais comme une artisane des mots. J’ai envie d’imaginer un matin où je me lève pour écrire, imaginer, créer. J’ai envie que mes textes apportent de l’espoir à ceux qui doutent, du réconfort à ceux qui pleurent, de l’évasion pour oublier le poids du monde pendant une petite heure, et du bien-être pur. Pas à des millions. Juste à quelques personnes dans ce vaste univers.
J’ai envie de sourire en lisant mes propres lignes. De rendre moins invisibles ceux qui pensent l’être. Et quitter le monde des requins pour celui des passeurs : aider, inspirer, connecter. L’écriture, c’est mon billet vers cette destinée. Mon roman, mon blog, ce sont mes premiers pas. Pour respirer, pour avancer.
Et vous ?
Si vous lisez ces mots, alors demandez-vous : pourquoi écrivez-vous ? Ou pourquoi n’écrivez-vous pas encore ?
Partagez à votre tour : un souvenir qui vous a marqué, un rêve que vous cachez, des regrets, des joies, de l’espoir. Ensemble, nous pouvons noircir des pages pour éclairer des cœurs, pour dire « vous n’êtes pas seuls ». Nous pouvons créer pour respirer, écrire pour vivre, et transmettre.