Ma solitude après mon burn-out…

Solitude après burn-out

Il y a des jours où la solitude n’est pas juste un mot. C’est une bête qui s’installe au creux de l’estomac, qui griffe doucement au début, puis plus fort, jusqu’à ce que tout l’intérieur tremble.

A 34 ans, j’ai traversé un burn-out, j’en sors à peine… Enfin, je crois…

C’était un mur invisible qui m’a plaquée au sol, m’obligeant à tout lâcher : le boulot, les masques, les « tout va bien ». J’ai reconstruit, pierre par pierre. J’ai appris à bricoler des jours un peu plus légers, à dessiner mes colères sur du papier, à écrire pour expulser ce qui pèse. Mais voilà : la solitude, elle, n’a pas tout à fait plié bagage. Elle persiste, comme un écho dans une maison vide, même quand la lumière revient.

Je sais que je ne suis pas encore guérie. Pas complètement. Il y a des matins où je me réveille avec ce vide béant, ce trou noir qui avale les sons du monde. Le café qui coule, les rires de mes enfants – tout semble distant, comme vu à travers une vitre embuée. Et puis vient l’incompréhension : pourquoi moi ? Pourquoi ce poids qui revient, alors que j’ai tant bossé pour m’en défaire ? Les autres avancent, rient, affichent leurs victoires. Moi, je suis là, à fixer le mur d’en face, à me demander si on me voit vraiment, ou si je suis devenue un fantôme dans ma propre vie.

Solitude n’est pas seule

Et la colère… Cette satanée compagne qui me suit où que j’aille. Elle surgit souvent sans prévenir, comme une vague qui monte du fond de l’océan. Parfois courte, un flash : un regard qui glisse sur moi dans la rue, une conversation qui s’effiloche parce que « tu as l’air fatiguée, repose-toi ». Je serre les lèvres, fort, pour que rien ne sorte. Pas un mot, pas un cri. Crier, c’est admettre sa faiblesse, non ? C’est inviter le jugement, ou pire, la pitié. Alors je ravale, je souris du coin de la bouche, et je laisse la bête griffer un peu plus profond.

Ces moments-là varient. Parfois, ce n’est que cinq minutes où je ferme les yeux dans la voiture, le cœur battant comme un tambour de guerre, et où j’imagine tout plaquer – le téléphone, les attentes, le bruit. Les plus longs ? Des après-midis entiers, où le monde rétrécit. J’aimerais, à ces instants, ne plus être capable de parler. Plus du tout. Juste le silence. Pas le silence oppressant, non – un silence choisi, comme une couverture chaude qui étouffe les hurlements intérieurs. Rester muette, invisible, et laisser le vide s’asseoir à côté de moi sans me dévorer. Écouter mon souffle, seulement. Respirer, pour une fois, sans effort.

Le vide a parfois du sens

Ce soir, j’ai envie de cet absence de bruit, parce que je sens que mon cœur crie. Mais si je ne peux pas parler, je peux encore écrire ces lignes. Si je le garde pour moi, le silence gagne. Et je refuse.

Ce burn-out m’a appris que la guérison n’est pas une ligne droite – c’est un chemin sinueux, avec des rechutes, des silences forcés, des colères qui bouillonnent. Et la solitude ? Elle n’est pas une ennemie absolue. Elle m’oblige à me regarder en face, à créer du sens dans le vide. À écrire ces mots, peut-être, pour que toi qui lis – toi qui reconnais ce grincement au creux de la poitrine – tu te dises : « Moi aussi. Et ce n’est pas grave. »

Si ces états d’âme te parlent, partage-les si tu peux. Ou garde-les pour toi, dans ton propre silence.

On respire, de toute façon. Un pas à la fois.


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